Sur Internet, les données personnelles sont aspirées dès le plus jeune âge

La Figaro.fr | 03.09.2015 | Lucie Ronfaut

La Cnil a étudié les pratiques des principaux sites Web dédiés aux enfants. Près de 43% d’entre eux réclament le prénom et le nom de leurs jeunes utilisateurs.

Les enfants sont des internautes comme les autres, jusque dans la collecte de leurs données personnelles. La Cnil a publié mardi une étude sur les pratiques des sites Web dédiés aux personnes de moins de 19 ans. Malgré la jeunesse de leurs utilisateurs, ces plateformes n’en collectent pas moins un grand nombre d’informations. Ainsi, plus de 87% des sites examinés par la l’autorité indépendante récupèrent des informations personnelles sur leurs jeunes visiteurs.

Difficile de supprimer son compte

Sur les 54 sites testés (la moitié s’adressant aux 7-12 ans, le quart aux moins de 7 ans et l’autre quart aux plus de 12 ans), 87% demandent à leurs utilisateurs une adresse email, 53% leur date de naissance et 43% leur nom et prénom. Cette collecte se fait généralement par le biais de la création obligatoire d’un compte. Or, d’après la Cnil, seuls 39% des sites étudiés proposent une manière simple de supprimer leur profil.

La Cnil regrette également le peu de place accordée aux parents dans la navigation des jeunes internautes. D’après elle, seuls 18% des sites observés recueillent un accord parental et 15% vérifient l’âge de leurs utilisateurs. L’autorité rappelle que les éditeurs de sites pour jeune public doivent «pouvoir justifier la collecte de toute donnée (…) notamment dans le cadre de la création d’un compte en ligne». Elle rappelle que le consentement préalable des parents est nécessaire avant de collecter la photographie d’un mineur ou d’utiliser ses données personnelles afin de faire de la publicité.

Un public conséquent de jeunes internautes

Les enfants de 1 à 6 ans passent 3h30sur Internet par semaine, d’après une étude réalisée par l’institut IPSOS en 2015. Cette durée s’allonge jusqu’à 13h30 pour les adolescents entre 13 et 19 ans. Les jeunes internautes sont courtisés comme les grands par les sites Web. Aux États-Unis, Google a déjà lancé une version de YouTube adaptée aux enfants. Twitter a fait la même chose pour Vine, son application de microvidéos. Le but est de protéger les enfants des contenus violents et choquants, mais aussi de les habituer dès le plus jeune âge à connaître les marques des grandes entreprises du Web.

Ce genre d’initiatives n’est pas toujours très bien reçu par les adultes: en avril, des associations de protection de l’enfance accusaient YouTube Kids de diffuser de la publicité pour des grandes entreprises (Mattel, McDonald’s…) sous couvert de divertissement. Dans le même temps, les jeunes internautes fréquentent aussi les mêmes sites que leurs parents. Ainsi, en 2014, la troisième vidéo la plus regardée sur YouTube en France était une compilation d’une heure d’épisodes de Petit Ours Brun.


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

* Copy This Password *

* Type Or Paste Password Here *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>