PLF 2015 : Jeunesse et sports échappent à la cure d’austérité

La Gazette des communes | 06.10.2014| Michèle Foin

Le budget 2015 du ministère de la Ville, de la jeunesse et du sport a été présenté le 2 octobre 2014. Avec le maintien des budgets à périmètre constant, la priorité jeunesse est préservée. Revue de détails.

« Nous avons deux ambitions : bâtir une France unie et donner de la force à une France qui bouge » a martelé Patrick Kanner, ministre en charge de la Ville, de la jeunesse et du sport, le 2 octobre, lors de la présentation de son budget 2015 dans le cadre du projet de loi de finance 2015 (PLF).

De fait, jeunesse et sports sont des domaines préservés de l’austérité, par rapport aux efforts globaux consentis par l’Etat, a tenu à rappeler le ministre. De 209 millions d’euros en 2014, le budget consacré à la jeunesse passe à 206 millions d’euros, tandis que le budget du sport se maintient à périmètre constant par rapport à 2014, en affichant 228 millions d’euros en 2015, 9 millions d’euros de baisse par rapport à l’an dernier étant dus à des dépenses exceptionnelles, comme les primes des médaillés des jeux olympiques.

CNDS redressé – De son côté, le Centre national pour le développement du sport (CNDS), dont l’état financier était critique en 2012, a vu ses comptes redressés. « Il faut à présent redéfinir ses missions. A cet égard, la baisse des crédits d’équipement du CNDS correspond à une volonté assumée d’en faire un outil simple et plus efficace », a expliqué Patrick Kanner.

Le CNDS sera donc recentré sur ses missions essentielles : le développement de la pratique sportive pour tous et notamment ceux qui en sont le plus éloignés. « Il est davantage destiné à financer les établissements de proximité plutôt que les grands projets », a précisé Thierry Braillard, secrétaire d’État chargé des sports. Une mission qu’il peut désormais assumer sans fléchir puisque le financement de l’Euro 2016 sera dévolu à l’Etat.
32 millions d’euros ont en effet été obtenus pour financer la rénovation et la construction des stades qui accueilleront cet événement européen. Le CNDS doit également montrer son soutien à l’emploi sportif en doublant le nombre d’apprentis d’ici 2017 (6600).

Montée en charge du service civique – Un sérieux coup de pouce sera donné au service civique d’ici à 2017 puisqu’en cumulé, ce dispositif disposera de 148 millions d’euros supplémentaires, dont 100 millions en 2017 pour atteindre les 100 000 volontaire (1 jeune sur 7) en 2017.

« Il faut disposer des budgets pour sa montée en puissance, afin qu’il soit ouvert à l’ensemble des populations qui ont envie de s’engager », a déclaré Patrick Kanner rappelant que le service civique n’était pas une mesure d’insertion par l’emploi, mais qu’il donnait aux jeunes l’opportunité d’un engagement citoyen. Déplorant que l’existence du service civique ne soit pas également connue de tous, le ministre a insisté sur l’importance de créer des outils de « popularisation », en mobilisant les missions locales, les services sociaux.

Mobilité jeunesse préservée – La mobilité internationale des jeunes, axe phare de la politique jeunesse, sera elle aussi préservée : les crédits des offices internationaux seront maintenus à leur niveau de 2014, avec 14 millions d’euros destinés aux Offices franco-allemand et franco-québécois pour la jeunesse (Ofaj et Ofaq) et diverses autres actions internationales. Crédits qui seront renforcés grâce à la mise en place du nouveau programme Erasmus +.

De leur côté, les associations gardent leur marge de manœuvre pour créer de l’emploi. Le Fonds de coopération de la jeunesse et de l’éducation populaire (Fonjep) qui permet d’asseoir des projets associatifs dans la durée grâce à des subventions pluriannuelles dédiées à l’emploi, se voit doté de 25 millions d’euros, tandis que le Fonds pour le développement de la vie associative (FDVA), dédié à la formation des bénévoles, élus ou responsables d’activité, conserve 10,4 millions d’euros.

Le Fej reformaté – Quant au Fonds d’expérimentation pour la jeunesse (Fej), il va être totalement reformaté pour servir de support technique à « La France s’engage », ce fonds d’expérimentation lancé en juin 2014 par François Hollande, pour financer des initiatives d’économie sociale et solidaire, et doté de 50 millions d’euros d’ici 2017. D’après le cabinet du ministre, le Fej présente d’importants « reliquats », qui serviront à financer une partie des 50 millions d’euros.

Doté l’an dernier de 12,4 millions d’euros, le Fej devait consacrer 2 millions d’euros au développement des organisations de jeunes dirigés par des jeunes, 3 millions à la promotion des outils d’éducation populaire pour les jeunes, et 3,5 millions d’euros à la mise en place de comités national et régionaux de la mobilité.

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