Faire des études supérieures sans le bac, c’est possible!

Le Monde.fr | | Par Laura Wojcik

Vous faites partie des 46 500 candidats ayant loupé le bac 2015, ou des 94 600 devant passer par le rattrapage pour espérer l’obtenir au second tour ? Certains d’entre vous ne souhaitent pas redoubler leur classe de terminale, et préfèrent directement se lancer dans le grand bain des études supérieures sans le précieux sésame.

Pour mieux vous orienter, nous avons compilé toutes les formations qui vous sont ouvertes, en recueillant les témoignages d’étudiants qui ont suivi ces cursus un peu particuliers. Et pour tous ceux qui ont arrêté leurs études avant le bac, il y a fort longtemps et souhaiteraient les reprendre, ce guide pratique enrichi de témoignages est aussi fait pour vous.

  • Les BTS

Ce diplôme préparé en deux ans est en théorie accessible aux non-bacheliers. Mais il est très rare d’être accepté dans les établissements publics, qui sélectionnent leurs élèves sur dossiers, et refusent déjà de nombreux bacheliers. Les chances sont un peu plus grandes dans les domaines de la vente, du tourisme, de la comptabilité et dans les écoles privées, souvent moins prestigieuses et coûteuses. La décision relève du chef d’établissement et mieux vaut avoir eu des notes convenables durant l’année, et faire preuve d’une grande motivation.

Thomas C., 26 ans, a pu décrocher un BTS « informatique de gestion » sans baccalauréat dans un établissement privé, après une scolarité émaillée de problèmes de santé. Ce diplôme lui a permis de créer sa propre entreprise dans le domaine du numérique : « L’absence de bac ne m’a pas gêné, surtout que dans mon domaine on adore les autodidactes. C’est vite l’expérience qui prime », conclut-il.

Lire aussi : Du BTS à une grande école de commerce, itinéraire d’un recalé du bac

  • Le certificat de capacité en droit

Ce diplôme accessible à tous à condition d’avoir plus de 17 ans s’acquiert en deux ans, soit à l’université, par l’intermédiaire de cours du soir, soit à distance, par le biais du Centre national d’enseignement à distance (CNED). Il demande beaucoup d’investissement personnel.

Ceux qui obtiennent une bonne moyenne à leur capacité en droit peuvent par la suite s’orienter vers une deuxième année de licence en droit. Autres options : démarrer un DUT « carrières juridiques », ou un BTS « notariat ». Laurent Mernier, secrétaire de la capacité en droit de l’université Paris-XIII, relativise ces débouchés : « C’est difficile d’aller en licence après. Il faut être très motivé. Souvent, ça ne fonctionne pas. »

Pour Rab, 27 ans, la capacité a été un véritable tremplin universitaire. Le jeune homme, qui avait quitté l’école en fin de 3e sans aucun diplôme, est aujourd’hui doctorant et juriste en droit des étrangers. « J’ai eu beaucoup de difficultés à être au niveau de ceux qui venaient du lycée, ces professionnels du bachotage. Mais en persévérant j’ai atteint mes objectifs », se rappelle ce Montpelliérain.

  • La capacité en gestion des entreprises

Ce diplôme permet aux non-bacheliers de poursuivre une formation généraliste en économie et en gestion. Seul l’institut d’administration des entreprises (IAE) de Caen le propose, même s’il est possible de le suivre à distance avec le CNED. Une poursuite d’études en troisième année de licence à l’IAE de Caen est possible, à condition d’avoir obtenu une mention et de pouvoir justifier de trois ans d’expérience professionnelle.

A 46 ans, Corinne Pradal a décidé de reprendre les études dans ce cursus, sans bac et avec juste un CAP de sténodactylo : « J’avais toujours souffert de ne jamais avoir fait d’études », confie cette étudiante qui aurait bien voulu devenir médecin si son environnement familial avait été plus propice. Elle a décroché sa capacité avec mention bien, ce qui lui a permis de valider une licence et bientôt un master 1, toujours à l’IAE de Caen. Une fierté pour cette mère qui a dû sacrifier une partie de sa vie de famille pour obtenir ces diplômes. Corinne Pradal n’exclut pas de se lancer dans une thèse après son master.

  • Des diplômes d’Etat

Certains diplômes d’Etat sont accessibles aux non-bacheliers, dans les métiers du social et du paramédical (assistant dentaire, aide-soignant, auxiliaire puériculture), ou encore dans les domaines du sport, de l’animation, et de la culture.

  • Des formations privées non reconnues

Si l’on tape « formations sans bac » dans un moteur de recherche, une myriade d’établissements surgit. Sur Google, il s’agit d’abord de liens sponsorisés vers des écoles non reconnues dans des domaines très variés. Les arts, le tourisme, l’hôtellerie-restauration dominent, mais on trouve également une école pour devenir croupier dans un casino. Ces formations onéreuses sont loin de garantir une bonne insertion professionnelle. Soyez donc vigilants : avant d’y postuler, renseignez-vous auprès de conseillers d’orientation et de professionnels du secteur visé.

  • Le Conservatoire national des arts et métiers

Cet établissement qui propose des cours du soir ou à distance, ouvre certaines de ses formations aux non-bacheliers. Comme au CNAM de Strasbourg, où les admissions des élèves se font « en concertation avec le responsable pédagogique, et pour certaines filières seulement », explique l’établissement.

Natacha Chang Cheong Kai, 37 ans, a repris une formation en psychologie du travail et espère décrocher un bac + 5, alors qu’elle a quitté le système scolaire sans le bac. « Je conseille aux jeunes de d’abord trouver leur voie, un déclencheur de la motivation pour une reprise d’études », glisse la jeune femme, aujourd’hui conseillère en insertion professionnelle.

Pour ceux qui ont raté leur bac l’an dernier ou avant…

 

  • Le DAEU, le bac de la deuxième chance

C’est l’équivalent du bac, qui permet de suivre ensuite toutes les formations universitaires. Mais il n’est accessible qu’à ceux qui n’ont pas raté leur baccalauréat la même année, qui ont au moins 20 ans et ont travaillé deux années, ou 24 ans et arrêté leurs études depuis deux ans. Le diplôme d’accès aux études universitaires (DAEU) se décline en deux filières : littéraire et juridique d’une part, scientifique d’autre part. Son obtention permet de s’inscrire à l’université, dans des BTS et des IUT, aux concours de la fonction publique, ou encore au Conservatoire national des arts et métiers, les instituts de carrières sociales, et les écoles d’infirmiers.

Ingrid Roy, 35 ans, a opté pour un DAEU littéraire deux ans après avoir renoncé à passer son bac L pour cause de grossesse : « Je devais absolument reprendre mes études pour travailler dans la communication ou le droit, mon rêve de gamine », explique la Varoise. La jeune femme a pu embrayer sur une fac de droit.

  • Des cursus pour ceux qui travaillent ou ont travaillé

Ceux qui ont travaillé au moins trois ans peuvent transformer leur expérience professionnelle en qualification académique, grâce à la validation des acquis de l’expérience (VAE), qui peut aller du CAP au master. Il faut s’adresser aux dispositifs académiques de validation des acquis (DAVA) proposés par les rectorats pour connaître les détails de chaque parcours.

L’Association pour la formation professionnelle des adultes (AFPA) offre aux salariés et demandeurs d’emploi des cursus parfois diplômants et des stages de perfectionnement moyennant quelques centaines d’euros de frais d’inscription. Son catalogue répertorie toutes les formations disponibles, dont certaines accessibles sans bac.

A consulter, le tableau très complet de l’Onisep, qui indique les poursuites d’études possibles dans chaque cursus.
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